Il a mené une campagne exceptionnelle. Il a réussi à mobiliser les masses et à créer un vrai mouvement civil autour de sa personne. Il a tenu bon malgré les coups bas venant du camp républicain et aux menaces des groupes racistes. Il a poursuivi son chemin avec ténacité, tranquillité et cet espoir de pouvoir y arriver. Ses concitoyens lui ont donné sa chance. Ils ont montré qu'ils veulent en finir avec les clivages, qu'ils veulent un changement aussi bien en politique que dans la société. Barack Obama a fait bouger les lignes, il a prêché la conciliation et l'unité alors que son rival John McCain misait sur la division, la peur et la diffamation tout au long de sa campagne. Contrairement au candidat républicain, Barack Obama a présenté sa vision pour l'Amérique avec fraîcheur et optimisme. Il a pu convaincre les américains qu'ils se trouvaient tous devant les mêmes défis et qu'il fallait travailler ensemble, au-delà des appartenances sociales ou politiques, pour pouvoir les relever.
Cette stratégie a été payante au fil des mois. D'abord, Obama a battu la candidate Hillary Clinton, donnée favorite pour l'investiture démocrate. Grâce à des dons record, il a pu s'offrir les moyens financiers nécessaires pour mener une campagne professionnelle. Une fois il a battu le puissant clan des Clinton et investi par son parti, il doit désormais affronter un nouveau rival qui s'appelle John McCain. Le candidat démocrate enchaîne les meetings, se rend sur le terrain et arrive ainsi à expliquer son programme aux citoyens. Il a également compris l'importance d'Internet dont il se servait dès le début pour atteindre les gens. John McCain, lui, a ni l'argent, ni la posture ni les idées pour faire face à Obama. Désespéré, le camp républicain multiplie les accusations et les coups bas. Mais ceci ne fait que multiplier les sympathies pour Obama.
Les américains se sont mobilisés plus que jamais pour lui. Près de 30 millions de personnes ont utilisé le vote anticipé pendant les semaines qui ont précédé le scrutin. Parmi eux, Madelyn Dunham, la grand-mère de Barack Obama, qui a succombé à un cancer et est décédé la veille du scrutin. Quand il a annoncé la triste nouvelle mardi matin, il n'a pas pu cacher ses larmes. En lui rendant hommage, il l'a comparé à tous ses hommes et femmes qui travaillent dur et qui se sacrifient tous les jours pour leurs familles. Il a affirmé que ce sont eux, les classes moyennes, qui doivent profiter des réformes politiques. Celles-ci ont suivi son appel en se rendant massivement aux urnes, parfois pendant des heures avant l'ouverture de leur bureau de vote. Jamais un si grand nombre d'électeurs s'était inscrit aux élections. Trois quarts des américains, soit 150 millions de personnes, ayant le droit de vote s'étaient enregistrés.
L'administration s'attendait donc à un taux de participation très élevé, mais n'a toutefois pas pu empêcher les incidents lors du scrutin. Le 4 novembre, certains électeurs se plaignaient de devoir faire la queue pendant des heures, d'autres ont rapporté des problèmes techniques causés par les machines à voter, et dans quelques bureaux il n'y avait pas les bonnes listes. A ces irrégularités s'ajoutaient des accusations de fraude venant du camp républicain. Selon quelques partisans de McCain, des membres du mouvement révolutionnaire afro-américain Black Panthers les auraient empêchés d'entrer dans un bureau de vote à Philadelphia. Cette information provenait de la chaîne Fox News, proche des républicains. Malgré ces quelques perturbations, le résultat final du scrutin a été accepté par les adversaires de Barak Obama et le Parti républicain a reconnu sa défaite. En effet, la victoire d'Obama était tellement fulgurante que John McCain s'est incliné devant son adversaire en admettant qu'il n a pas été à la hauteur de son adversaire. Ses propos autocritiques et conciliants ont été huées par l'assistance républicaine.
Juste après sa victoire triomphale, Obama s'est présenté devant des dizaines de milliers de partisans rassemblés au Grant Park de Chicago. Accompagné de sa femme Michelle et ses deux filles Malia et Sacha, il a prononcé son premier grand discours en tant que nouveau Président américain. "Le changement est arrivé en Amérique", a-t-il déclaré sous les applaudissements du public. A cette occasion, Obama a encore confirmé de ne vouloir exclure personne et a promis de coopérer avec les républicains. A tous ceux qui n'ont pas voté pour lui, il s'est adressé en disant qu'il sera aussi "leur président".
La nuit du 4 novembre, Barack Obama a non seulement remporté la victoire dans les Etats du nord-est et du centre ouest, traditionnellement démocrates, mais il a également gagné en Ohio et Iowa que George Bush avait encore remporté en 2004. Obama a par ailleurs obtenu la majorité en Floride, Pennsylvanie et Virginie qui étaient jusqu'à la dernière minute indécis. Au total, il a remporté 27 Etats et a ainsi recueilli 338 des voix des Grands électeurs contre 163 pour McCain. Pour être élu président il faut obtenir les voix de 270 des 538 Grands électeurs qui votent traditionnellement selon la majorité de leur Etat. Le scrutin aura lieu le 3 décembre 2008.Iris HARTL
Article publié le 06/11/2008 Dernière mise à jour le 21/11/2008 11:57 TU